INTERVIEW > PEOPLE > Ce sont les deux enfants à l’affiche du très beau « Un château en Espagne »… Nous avons eu la chance de les rencontrer !

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15 février 2008 : {show_category} > PEOPLE

Entre la télé et le cinéma, et sans oublier la pub, les visages de Jean Senejoux et Martin Jobert nous sont de plus en plus familiers. Régulièrement sollicités, ce qui est toujours très bon signe pour un début de carrière, ces deux jeunes comédiens ont déjà eu chacun l’occasion de prouver leur talent. En les réunissant sur un même plateau, Isabelle Doval s’est assurée le concours de deux premiers rôles qui soient encore des enfants, mais déjà des acteurs.

{mosimage}Posé et réfléchi, Jean Senejoux choisi ses mots avant toute réponse. Considérant sa vocation avec une véritable intensité, il se déclare sans hésitation plus à l’aise dans le registre dramatique. Gigotant sans cesse sur le canapé, Martin Jobert bouillonne d’une incroyable énergie, manifestant une évidente gourmandise pour les rôles qu’il a déjà incarné, et ceux qu’il lui tarde de découvrir. Mais lorsqu’il est question de parler de leur travail, tous deux sont sur la même longueur d’onde: si le plaisir est partie prenante des journées passées devant la caméra, acteur est un vrai métier…

Top-Parents : Vous vous connaissiez avant ?
Martin : A part les casting non!

T.P. : Et le courant est bien passé ?
Martin : Plutôt oui ! Bon des fois, on s’engueulait un peu, mais c’est normal !

T.P. : Est-ce que vous vous êtes retrouvé dans vos personnages ?
Martin : un petit peu quand même…
Jean : Non! Je ne lui ressemble pas du tout.

T.P. : Jean, décris-moi le rôle d’Esteban qu’interprète Martin.
Jean : C’est un filou un peu ! Le genre de mec à « embêter » son petit frère, marcher sur ses jouets juste pour le faire pleurer. Sadique mais gentil ! Une petite crapule un peu, qui se met toujours en avant, toujours en train de bouger, dynamique, speed ! Et sympathique aussi.

T.P. : Le vrai Martin lui ressemble ?
Jean : Pour l’histoire du petit frère, je sais pas trop ! Mais c’est vrai qu’il est dynamique, sympa. On a deux ans de différence, mais c’est bien passé.

T.P. : Et toi Martin, qui est Maxime, le personnage que Jean interprète ?
Martin : C’est un enfant qui est assez perturbé, enfin je pense, parce que sa mère est souvent absente, et son père est mort. Il est assez dérangé par ça. Et cet enfant, il vit souvent avec la famille espagnole, ses voisins. Il aime bien parce qu’il pense qu’en fait, sans cette famille, il serait un garçon malheureux.
Jean : il a besoin d’affection…
Martin : Oui, il en procure de l’affection avec cette famille. Et puis sa mère elle sait pas trop ce que c’est que de s’occuper de son enfant ! Le perso de Maxime est malheureux parce que sa mère ne s’occupe pas de lui, mais heureux que la famille espagnole soit là. Et quand il apprend que cette famille part, il va essayer qu’elle reste, et même en profiter pour que sa mère s’occupe plus de lui.

T.P. : Et le perso de Maxime te rappelle Jean ?
Martin : Je pense pas, il s’entend plutot bien avec ses parents! Il a pas ce genre de problèmes…

T.P. : Qu’est-ce qui vous a décidé à tourner « Un château en Espagne » ? Suivant quels critères choisissez-vous vos scénarios ?
Jean : L’impact que le film aura. L’importance du rôle. J’avais le choix entre deux premiers rôles: Un château en Espagne avec Martin, ou Big City dans le role de Wayne. Dans Un château en Espagne, on est deux enfants, dans Big City, y’en a tellement ! J’ai déjà eu l’expérience de tourner avec deux ou trois enfants, et ça colle un « bazar » dingue. Alors j’ai choisi Un château en Espagne. Pour l’importance du rôle, mais d’abord pour l’histoire, le suspens : comment Maxime va réussir à retenir Esteban en France ? Et puis c’était une histoire d’amitié sympa, avec des moments drôles, et puis c’est vachement bien ficelé, un peu comme une musique.
Martin : L’histoire je pense. Je l’ai pris parce que c’est une histoire qui arrive à tout le monde. Avoir un meilleur ami, normalement, tout le monde connaît. J’avais le choix aussi entre deux premiers rôles, comme Jean. Et j’ai choisit celui là parce que tout le monde s’éclate avec un meilleur ami. Mais tout le monde ne le voit pas partir en Espagne ! C’est ça qui va faire tilt. C’est ton histoire comme les autres, mais avec un truc qui va tout changer…

T.P. : Pour que votre duo fonctionne aussi bien, il fallait que vous puissiez vous approprier vos personnages. Comment ça s’est passé avec la réalisatrice ? Vous avez pu improviser ?
Jean : Sur ce tournage, Isabelle a préféré nous faire apprendre le scénario pendant une semaine, et puis après pendant une demi-heure tous les matins, on répétait le texte, elle nous expliquait son état d’esprit sur le personnage… Après, est-ce qu’elle nous laissait faire ? Elle est plutôt précise. Bon de fois, y’avait des petits conflits, genre « moi je le sens plus comme ça… ». Des fois ça marchait, mais dans la majorité des cas, c’est elle qui décidait, c’est elle le chef d’orchestre !
Martin : C’était quand même très dirigé ! Mais y’a des fois, on improvisait un peu.
Jean : Quand on sentait un truc plus d’une autre façon, elle nous laissait faire. Et plusieurs fois, on avait raison.
Martin : Et puis y’a avait des fois, on faisait des conneries…
Jean : Ouais, mais tout ça c’était plus pour le making of !

T.P. : Pour vous, c’est un film qui s’adresse à qui ?
Jean : Les jeunes d’abord parce qu’il y a des enfants dedans, mais les adultes aussi. Isabelle avait dit que c’était un film pour tout le monde, parce que les adultes peuvent avoir des souvenirs d’expérience comme ça !
Martin : Moi je suis pas complètement d’accord que ce soit un film pour les enfants, c’est un film pour tous les ages. Tout le monde a été un enfant, tout le monde a connu ça. C’est un film pour tous les ages, tout le monde peut aller le voir.

T.P. : Vous qui êtes devant la caméra, mais aussi dans la tranche d’age concernée en tant que spectateur, c’est quoi un « film pour la jeunesse » ?
Jean : ça dépend quelle jeunesse ! En écoutant la radio le matin, il y avait un réa qui disait « on fait des films pour la jeunesse, de l’animation ». Mais vers mon age, même dès 12 ans, je vois mes potes sont plus intéressés par les films d’action, d’horreur ! C’est pas évident.
Martin : Pour moi, c’est un film qui s’adresse aux enfants, dans lequel ils peuvent se reconnaître. Qui leur parle et qu’ils puissent se reconnaître dedans, enfin je pense !
Jean : Avec un sujet qui les intéresse.
Martin : …qui essaie de regrouper tous les sujets de l’enfance. Qui essaie !

T.P. : Pour revenir à Un château en Espagne, quel est votre meilleur et votre pire souvenir?
Jean: Meilleur il y en a plein. Pire je sais ! La scène où je dois encourager Esteban au théâtre. Parce que je dois être super enthousiaste, et comme je suis plus à l’aise dans le dramatique, c’est un peu plus dur à faire pour moi.
Martin: Tout sur le tournage était bien : Isabelle, les acteurs, l’ambiance… Mon pire souvenir c’est aussi un des meilleurs : c’est la scène du chant et de la danse.

T.P. : Car tu est un danseur professionnel ?
Martin : Exactement, c’est ma passion, je crois que ça se voit à l’écran… je savais pas du tout danser, ni chanter !

T.P. : Parlez-moi d’Anne Brochet ?
Jean : Elle est plutôt discrète. Très réservée. On sait pas si elle est timide ou si elle se la joue, mais je crois que c’est vraiment de la timidité !
Martin : Anne Brochet, faut la connaître…

T.P. : Et Angela Molina ?
(Eclat de rire général)
Martin: C’est l’inverse !
Jean : Elle est… espagnole ! La première fois que je l’ai vu, je l’avais jamais vu avant, elle m’a embrassé avec des  » Oh Ti amo » direct ! J’ai eu droit à mon compte pour un an !
Martin : Moi c’était « oh mé qué ti é mignon! »

T.P. : Et Liuis Homar ?
Martin : Lui il était timide ! Mais en même temps espagnol, très sympa. Il osait pas trop en faire ! A mon avis il était content de le faire ce film. Tous ceux que j’ai vu sur le tournage étaient content de le faire !

T.P. : Gardez vous une scène favorite en mémoire ?
Jean : Une scène particulière, je vois pas… C’est que des bons souvenirs ça c’est sur. C’était enrichissant. J’aime bien les scènes extérieures. Mais rien ne me reviens comme ça, c’était tout, un ensemble !
Martin : Moi, il y a une scène en la faisant, j’ai pas tilté. Mais en la voyant, j’ai bien aimé le montage : c’est la scène des répétitions. Un plan sur Anne, un plan sur moi, Jean qui fait autre chose, Anne qui danse bien, moi qui danse pas bien, lui qui regarde… Sur le moment je voyais pas ou Isabelle voulait en venir, mais sur l’écran elle rend super bien !

T.P. : Quand avez-vous commencé à votre carrière ?
Jean : A 10 ans.
Martin : Vers 5 ans. Il y avait la pub mais c’est pas pareil. Et puis à 5 ans , j’ai fait l’Adversaire. C’était mon premier film. Pas un rôle « important important », mais j’avais pas mal de scènes, et ça m’a marqué.

T.P. : Et quelle a été l’expérience déterminante, le rôle où vous vous êtes dit : c’est ce métier que je veux faire !
Jean : Ca a commencé par le théâtre. Avant le théâtre, j’avais fait une comédie musicale en CE2. J’aimais bien la partie théâtrale et pas du tout la partie chant ! Alors j’ai continué le théâtre, et après je me suis dit, pourquoi pas essayer du cinéma. Alors j’ai fait de la figuration, dans Joséphine ange gardien. Et je me souviens encore de l’ingénieur du son qui me disait d’arrêter de parler parce que c’était de la figuration ! Et je me suis dit : « moi j’aimerais bien parler » ! C’est comme ça qu’on a cherché un agent. Je me suis dit qu’il fallait aller plus loin. Je voulais parler en fait !
Martin : Sur l’Adversaire. J’étais encore petit mais j’avais envie de continuer parce que ça m’amusait. Et je pense que les films qui m’ont vraiment donné envie au cinéma, c’est Un ticket pour l’espace et Nos jours heureux. Je préfère le ciné à la télé. Je sais pas pourquoi !

T.P. : Il faut dire que vous avez tous les deux fait vos preuves dans des rôles à caractère, où il ne suffit pas d’avoir une bonne bouille. Par exemple, à la télévision, toi Martin tu as tourné dans Le Cri de Hervé Baslé sur la vie dans les mines, et toi Jean dans Les vauriens de Dominique Ladoge qui abordait de front le sujet des bagnes pour enfant. Des rôles qui vont au-delà de l’amusement.
Martin : Moi c’est le travail qui m’amuse ! Sinon, je travaillerais pas !
Jean : Je considère ça comme un métier. J’ai commencé tôt, et je pense, maintenant, avoir un métier c’est la liberté. Et en plus c’est un métier très plaisant. On croise plein de gens…

T.P. : Qu’est-ce qui vous attire le plus : l’ambiance des plateaux ? Découvrir d’autres histoires ? Etre quelqu’un de différent à chaque fois ?
Martin : Etre quelqu’un de différent, changer de personnalité. Et puis l’ambiance du plateau, ça j’adore.
Jean: Ouais, l’ambiance du plateau, les gens… j’apprécie un peu tout dans ce métier. Même l’attente ! Y’a toujours des activités, des trucs à faire (s’en suit un échange de regards et de ricanements entre les deux complices).

T.P. : Quels seraient vos conseils à un enfant qui voudrait faire comme vous ?
Martin : Pas commencer par un grand rôle… le faire petit à petit ! Et je pense qu’il faut commencer par le théâtre.
Jean : Je sais pas… pour le théâtre, si on y arrive sur une scène devant un public, on peut faire un film. Parce qu’au théâtre, si tu te trompes, t’es mort. Alors qu’un film, on peut refaire la scène. Déjà si t’arrives à faire du théâtre, question trac, il n’y aura pas de soucis. Mais le théâtre et le cinéma, c’est très différent. Le théâtre, il y a beaucoup d’exagération. Le cinéma, c’est plus la crédibilité. C’est un peu plus compliqué je trouve.
Martin : Si t’as jamais eu d’expérience, il faut commencer par les figurations pour voir comment ça se passe. Si tu veux faire du théâtre, faut commencer par aller voir du théatre! Si tu veux en faire, vois d’abord des pièces, tu te renseignes sur ce que tu peux aimer, tu vas voir, et puis dans les écoles, t’as des ateliers, c’est plus facile. Tu peux prendre des cours. Et si tu crois que tu as du talent ou si on te dit que tu en as, tu peux faire de la figuration pour le cinéma.
Jean : Il n’y a pas que le talent, mais aussi la tronche ! Si t’as pas l’image, la gestuelle… tu peux aussi t’inspirer des grands, comme Torreton.

T.P. : Vous avez des modèles vous deux ?
Jean : … euh… Non ! Pas personnellement.
Martin : Moi en fait, quand je regarde un film, je fauche des trucs, je picore !

T.P. : Cela se passe plutôt bien pour vous deux, on vous voit de plus en plus. Avoir son visage dans les journaux, répondre à des questions, comment ça se passe ?
Jean : Oh! On est pas des « bankable » ! Dans la rue, personne me reconnaît alors ça va. La promo, c’est la première fois que je le fais vraiment avec Un château en Espagne. Et puis la famille fait attention.

T.P. : Et sinon, avez-vous d’autres rôles en vue?
Jean : On m’a vu dans deux films, Si c’était lui avec Carole bouquet, et Les yeux bandés, mais alors là, c’est un de mes premiers, il a mis énormément de temps à sortir ! C’est vraiment un très bon film, mais j’ai vraiment un petit rôle. Sinon, il y a Un cœur simple qui va sortir. J’ai pas de texte, mais on me voit tout le temps, je suis toujours là comme une ombre, un peu inquiétant. Et en projet j’ai un rôle dans un film de Téchiné, avec Emilie Dequesnnes que j’ai déjà rencontré sur L’équipier. Elle m’avait donné ses moules au resto ! Ca c’est un super détail important…
Martin: J’ai fait Les enfants de Timpelbach. Je joue un rôle sombre, vraiment très très sadique. Je voulais jouer un rôle de méchant, et j’ai eu tout ce que je voulais ! Ce film c’était… Ouah!! Vraiment fantastique, mais qui part de la réalité. Je crois que c’est mon univers!
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